Voila ce qui vous attend demain….
Venez nombreux !
Je laisse la place des Abbesses derrière moi et pousse la promenade jusque rue Durantin … Des drapeaux rouges et
jaunes flottent dans la brise devant les lieux qui bougent : j’entre ici, un gout salé-sucré, faut aimer mais quand c’est réussi, c’est délicat, comme un flirt. Plus loin une galerie :
des beaux meubles anciens mais aux murs des peintures contemporaines et dans le fond, un parfum de café, amer et rond. Je me retourne, fais deux pas et on me masse le dos, les points
d’acupuncture et tout autour de moi des peintures, un peu comme du magma. Me voila ressourcé. Apres être devenu zen comme je le suis, le contraste est fort avec l’endroit où je pénètre :
Tout est rouge et saturé de colifichets rock et glamour. Les filigranes, les dentelles sertissent nos idoles, c’est destroy et chaleureux comme un grenier de nouveautés. De contraste en
contraste, l’instant d’après je goute des gâteaux mielleux et parfumés, un thé vert … je suis en orient et les œuvres au mur sont comme des vitraux. Quand je sors, imprégné de douceur et de
lumière voilée, il y a le carnaval de Rio dans la rue : les filles, les enfants, les clodos, tout le monde danse sous les confettis et rendu fou par les rythmes parlent une langue que l’on
comprend sans l’avoir apprise. Je me réfugie dans une échoppe où je découvre chez une chiropracticienne des photos de Paris aujourd’hui comme autrefois. La ville éternelle, les gens éternels,
l’accordéon éternel... Deux portes plus loin des bijoux impossibles, énormes, des femmes nues qui lisent, des plaques gravées menaçantes, des os sculptés… et puis les établis sur lesquels tout
cela est fait. Aux murs, des peintures de feu. C’est vraiment l’art dans son jus. En face, d’un graphisme à l’autre, je navigue entre les villes et les accouplements, les foulards deviennent
des jupes et je comprends Souchon… La porte à coté c’est du design, strict, propre, judicieux. Les couleurs en aplats monochromes… Ce qui est bien
c’est d’essayer les canapés, on rêve qu’on est chez soi. En traversant j’arrive au cœur des âtres. A droite, à gauche des feux, des cheminées. Là aussi c’est du clean mais en acier noir et murs
blancs, sauf le feu qui danse et rougeoie. A cheval sur les flammes j’ai la pensée qui divague et autour de moi je découvre les peintures à la géométrie nette et froide mais avec des couleurs
chaudes et animales. En plus il y a un buffet de bonnes choses faites maison. Bonne Maison ! Bon, je repars quand même boire un verre juste
derrière le mur, ambiance cosy boudoir. Les fauteuils sont profonds, au plafond un décor en forme de rêve de confiseur. La serveuse accorte me présente les œuvres accrochées autour de nous. Je
serais bien resté plus longtemps mais j’ai décidé de me balader, pas de me répandre .En traversant la rue, la samba me retourne, et un étage plus haut il y a des chapeaux partout et de toutes sortes, des bibis, des casquettes de Titi, d’officiers civils, des cercles, des capelines de pluie ou de soleil mais
aussi les formes pour les confectionner, toutes rondes, en vieux bois sombre. Les pièces sont toutes petites et on se sent vraiment quelque part. En bas de l’escalier je m’accroche aux rideaux
pour résister à l’envie d’essayer la voiture à pédales des années 50 revue 21eme siècle. En plus des sculptures en textiles et des ours de collection, alentours, tout est fait pour les enfants et
celui que nous sommes restés. Les vêtements style « maintenant », les joujoux, les tableaux, la pêche à la ligne et comme dehors c’est la « fête foraine » tout s’emboîte. A
deux pas c’est un Atelier pour les Petits mais on montre aujourd’hui le travail des grands… on est jamais vraiment des grands. Je refonce à travers le Brésil de la rue et j’arrive sur la lune.
C’est dingue, ya des gens qui sont tout le temps ailleurs, tout le temps dans la fête, qui pagaient dans la stratosphère et ya des habits pour ca. Des cravates pour les femmes, des kimonos pour
tous, coupés dans tous les sens, agencés avec des fleurs et du tulle derrière. Mais tout très ajusté. Et puis ca sent bon le travail d’aiguille. De la lune j’atterris dans un minuscule endroit
avec plein de créatrices et où il y a tout pour ma copine : les petites mitaines, les petits hauts, les petits couvres-petites-cheffes, des sacs et des bijoux, on est dans une bonbonnière.
En poussant un peu plus loin on est transporté par des photos de voyages jusqu’ au bout du monde … « pendant que je suis ici, il y a là bas tout ca » !? Vraiment le monde
entier s’est donné rendez-vous « synchro » rue Durantin. Plus bas c’est un couple amoureux, le tissu agencé par les doigts de l’une désigné par l’œil de l’autre. En sortant je lève le
nez et découvre les ailes du Moulin de la Galette. Don Quichotte s’en occupe et pendant ce temps je vais voir l’Atelier de déco où l’illusion finit de me mettre en sympathie avec le Don de ses
contrastes : cette hallucination et ces folles ambitions qui, là-haut, brassent le ciel de leurs grandes ailes.






